Représenter l’émigration européenne au XIXe
L’étude des migrations européennes au XIXe siècle est un thème central des programmes d’Histoire-Géographie, offrant une porte d’entrée privilégiée pour aborder les dynamiques économiques, sociales et politiques de l’époque. Pourtant, représenter ces flux migratoires de manière claire et rigoureuse peut s’avérer complexe. Entre précision scientifique et accessibilité pédagogique, quelles cartes privilégier pour illustrer ce phénomène ?
1. La carte « à points » : une entrée visuelle pour localiser les régions de départ

Retrouvez cette carte en version NB pour insertion dans une fiche sur l’atelier Carto d’HG Sempai
Une première approche consiste à utiliser une carte « à points », où chaque point symbolise une région d’émigration. Si cette méthode produit une représentation esthétique et immédiatement compréhensible, elle comporte des limites :
- Avantage : Elle permet de visualiser rapidement les zones les plus touchées par l’exode (Irlande, Italie, Pologne, etc.).
- Limite : La précision géographique peut être approximative, et cette carte se concentre ici sur une seule destination (les États-Unis), occultant la diversité des flux migratoires.
Piste pédagogique : Cette carte est idéale pour introduire le sujet en classe, en invitant les élèves à identifier les facteurs poussant à l’émigration (crises agricoles, révolution industrielle, etc.).
2. La projection polaire et les flèches de flux : illustrer la diversité des destinations

Pour dépasser les limites de la carte « à points », une projection polaire avec des flèches de tailles variables offre une alternative pertinente :
- Avantage : Les flèches, proportionnelles à l’importance des flux, permettent de montrer la multiplicité des destinations (Amériques, Australie, Amérique du Sud, etc.).
- Intérêt pédagogique : Cette carte invite à une réflexion sur les réseaux migratoires et les politiques d’accueil des pays d’immigration.
Exemple d’activité : Demander aux élèves de comparer les flux vers les États-Unis et ceux vers l’Amérique latine, en lien avec les besoins en main-d’œuvre des économies locales.
3. Une carte centrée sur l’Europe : le cas particulier de la France

Une troisième approche consiste à recentrer la carte sur l’Europe, en mettant en lumière le statut spécifique de la France :
- Spécificité française : Contrairement à d’autres pays européens, la France est à la fois un pays d’émigration (vers l’Algérie, la Belgique, etc.) et d’immigration (accueil de Polonais, Italiens, etc.).
- Enjeu pédagogique : Cette carte permet d’aborder la complexité des mouvements migratoires et de nuancer l’idée d’une Europe uniquement « exportatrice » de population.
Suggestion : Croiser cette carte avec des données démographiques pour analyser l’impact des migrations sur les structures sociales européennes.
4. Zoom sur un parcours individuel : Ellis Island, symbole de l’arrivée aux États-Unis

Pour humaniser l’étude des migrations, une carte centrée sur l’arrivée à Ellis Island (New York) peut être utilisée :
- Objectif : Illustrer le parcours type d’un migrant européen, depuis son départ jusqu’à son arrivée dans le Nouveau Monde.
- Plus-value : Cette approche narrative permet de travailler sur les conditions de voyage, les procédures d’immigration, et les espoirs ou désillusions des migrants.
Idée d’exploitation : Proposer aux élèves de rédiger le journal de bord d’un migrant, en s’appuyant sur des archives ou des témoignages.
Conclusion : vers une pédagogie différenciée des migrations
Chaque type de carte offre des angles d’analyse complémentaires, et leur choix dépendra de vos objectifs pédagogiques :
- Carte « à points » : pour une approche globale et visuelle.
- Projection polaire : pour souligner la diversité des flux.
- Carte centrée sur l’Europe : pour étudier les spécificités régionales.
- Zoom sur Ellis Island : pour une approche micro-historique et humaine.
Pour aller plus loin :
- Croiser ces cartes avec des sources écrites (lettres de migrants, articles de presse).
- Organiser un débat en classe sur les causes et conséquences des migrations, en utilisant ces supports visuels comme appui.
Et vous, quelles cartes utilisez-vous pour enseigner les migrations au XIXe siècle ? Partagez vos expériences en commentaire !

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