La bataille de Stalingrad

Quand on enseigne la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Stalingrad occupe toujours une place à part. Non seulement par son ampleur et sa violence extrême, mais surtout parce qu’elle marque une rupture stratégique majeure dans la guerre germano-soviétique. Pour nous, enseignants, c’est un excellent exemple de bataille totale, où s’entremêlent choix politiques, contraintes militaires et mobilisation des sociétés.


Pourquoi cette bataille reste un point de non-retour sur le front de l’Est?


Une offensive allemande qui dérape

Carte montrant l'offensive allemande vers le Caucase et Stalingrad (été 1942)

À l’été 1942, l’Allemagne nazie lance l’opération Blau. L’objectif prioritaire n’est pas Stalingrad, mais le pétrole du Caucase, indispensable à la poursuite de la guerre.

La ville sur la Volga devait, à l’origine, sécuriser le flanc de l’offensive. Pourtant, plusieurs facteurs vont transformer cet objectif secondaire en piège mortel : l’obsession personnelle d’Hitler pour une ville portant le nom de Staline, la sous-estimation persistante de l’Armée rouge et, surtout, la dispersion des forces allemandes sur un front démesuré.

Carte montrant la Bataille de Stalingrad (février à novembre 1942)

La Wehrmacht engage pourtant des unités expérimentées. Mais elle se heurte à une résistance soviétique acharnée, renforcée par le combat urbain, qui annule les avantages allemands en matière de mobilité et de tactique. À cela s’ajoutent des difficultés logistiques majeures et la fragilité des armées alliées de l’Axe (Roumains, Italiens, Hongrois), chargées de tenir des flancs trop étendus.


L’opération Uranus : le retour en force de l’Armée rouge

Carte illustrant la contre-offensive soviétique en novembre 1942.

Le 19 novembre 1942, l’Armée rouge lance l’opération Uranus. C’est un succès spectaculaire, fruit d’une préparation minutieuse et d’une excellente dissimulation des intentions soviétiques (maskirovka). Les forces allemandes sont prises de court. En quelques jours, la 6ᵉ Armée du général Paulus est encerclée, avec une partie de la 4ᵉ Armée blindée.

À ce stade, le sort de Stalingrad pourrait encore être discuté. Mais l’intransigeance d’Hitler – ordre de tenir sur place – et la promesse irréaliste de Goering de ravitailler la poche par les airs condamnent près de 300 000 soldats. Les tentatives de dégagement, notamment l’opération Wintergewitter menée par Manstein, échouent. Pire encore pour l’Axe, l’offensive soviétique Petit Saturne menace l’ensemble du front sud allemand.


Une défaite aux conséquences immenses

La capitulation de février 1943 est bien plus qu’une défaite militaire.

  • Sur le plan humain et militaire, la Wehrmacht perd l’équivalent de 25 divisions, dont des unités d’élite. Les pertes totales de l’Axe approchent le demi-million d’hommes. La crise des effectifs devient structurelle.
  • Sur le plan moral, le choc est considérable. Le mythe de l’invincibilité allemande s’effondre. Pour la première fois, la propagande nazie doit reconnaître une défaite majeure.
  • Au sein de l’Axe, la destruction des armées alliées sur le Don accélère la prise de distance de la Roumanie, de la Hongrie et de l’Italie.
  • Pour l’URSS, la victoire restaure la confiance de Staline dans ses généraux et prouve la capacité soviétique à mener des offensives complexes et victorieuses.

La capsule vidéo de synthèse:


Une affiche de propagande soviétique utilisable pour illustrer cette bataille

« La transformation des Fritz »

Cette affiche est sans doute inspirée de «La transformation des Fritzes», Fenêtre TASS n°640, 15 janvier 1943


Une infographie pour résumer la bataille

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