Doc. 1- Le travail des femmes dans le monde rural à travers Des Glaneuses de Jean-François Millet, 1857.

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Pour faciliter l’analyse, L’Histoire par l’image propose une analyse assez complète de cette œuvre.


Doc. 2- La part de l’emploi agricole dans le travail des femmes


Doc. 3- La femme rurale

Quelle distance entre la maîtresse d’une grande ferme et la journalière agricole ! La première s’appuie sur une équipe de domestiques, hommes et femmes ; les servantes la secondent auprès des enfants en bas âge, auprès des fourneaux ou pour la traite, les petites lessives et les tâches fatigantes comme la quête de l’eau. La seconde est contrainte à un travail quotidien, chez les autres. Traînant toujours un mioche et une vache avec elle, elle va « en journée », quêtant un salaire quotidien, un peu de lait pour son enfant, et un peu d’herbe pour sa vache. […] Mais la femme rurale n’est pas toujours paysanne. [Même si l’artisanat rural recule au XlXe siècle] les ménages complétaient des revenus agricoles insuffisants par une industrie à domicile, tissage, coutellerie, ferblanterie1, etc. qui était souvent leur activité principale.

Misérable et glorieuse, la femme au XlXe siècle, sous la direction de de J.-P. Aron, Librairie Arthème Fayard, 1980

1- Industrie, commerce du ferblantier, assortiment d’objets de fer-blanc.


Doc. 4- Des nourrices venues des campagnes

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, presque toutes les familles aisées ont une nourrice chez elles. La littérature française du XIXe siècle décrit cette pratique. Par exemple, dans Madame Bovary de Flaubert (1857), Emma Bovary met sa fille en nourrice chez la mère Rollet. Berthe, comme la plupart des enfants de l’époque et de sa condition est placée en nourrice.

 » Pour arriver chez la nourrice, il fallait, après la rue, tourner à gauche, comme pour gagner le cimetière, et suivre entre des maisonnettes et des cours un petit sentier que bordaient des troènes. Ils étaient en fleur et les véroniques aussi, les églantiers, les orties, et les ronces légères, qui s’élançaient des buissons. Par le trou des haies, on apercevait dans les masures quelque pourceau sur un fumier ou des vaches embricolées frottant leurs cornes contre le tronc des arbres. Tous les deux, côte à côte, ils marchaient doucement, elle s’appuyant sur lui et lui retenant son pas qu’il mesurait sur les siens ; devant eux, un essaim de mouches voltigeait, en bourdonnant dans l’air chaud.
Ils reconnurent la maison, à un vieux noyer qui l’ombrageait. Basse et couverte de tuiles brunes, elle avait en dehors, sous la lucarne de son grenier, un chapelet d’oignons suspendu. Des bourrées, debout contre la clôture d’épines, entouraient un carré de laitues, quelques pieds de lavande et des pois à fleurs montés sur des rames. De l’eau sale coulait en s’éparpillant sur l’herbe ; et il y avait à l’entour plusieurs guenilles indistinctes, des bas de tricot, une camisole d’indienne rouge, et un grand drap de toile épaisse, étalé en long sur la haie. Au bruit de la barrière, la nourrice parut, tenant sur son bras un enfant qui tétait. Elle tirait, de l’autre main, un pauvre marmot chétif, couvert de scrofules au visage, le fils d’un bonnetier de Rouen, que ses parents, trop occupés de leur négoce, laissaient à la campagne. »


Aide à l’analyse:

  • Quel métier est représenté sur le tableau de Millet?
  • Comment ce type d’emploi évolue-t-il au cours du XlXe siècle?
  • Quel(s) autre(s) métiers sont pratiqués par les femmes dans le monde rural?