Objectif: Raconter quelques épisodes de la vie d’un savant et expliquer en quoi ils sont révélateurs du siècle des Lumières.

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  • Document 1: Nicolas de Condorcet

Nicolas de Condorcet est un mathématicien et homme politique français, représentant des Lumières, né le 17 septembre 1743 à Ribemont en Picardie et mort le 29 mars 1794 à Bourg de l’Égalité (aujourd’hui Bourg-la-Reine). Il est célèbre pour ses travaux pionniers sur la statistique et les probabilités, son analyse des modes de scrutin possibles — le « paradoxe de Condorcet » — ainsi que par son action politique, tant avant la Révolution que sous celle-ci. Siégeant parmi les girondins, il propose ainsi des réformes du système éducatif ainsi que du droit pénal. La Convention nationale ordonne son arrestation en 1793 et, après s’être caché pendant neuf mois à Paris, il tente de fuir mais est rapidement arrêté : on le place dans une cellule où il est retrouvé mort le surlendemain.

Source: Wikipedia.

  • Document 2: Condorcet et l’exemple américain.

    Le spectacle d’un grand peuple1, où les droits de l’homme sont respectés, est utile à tous les autres, malgré la différence des climats, des mœurs et des constitutions. Il apprend que ces droits sont partout les mêmes. […] Par une conséquence nécessaire du respect qu’ont eu les lois de l’Amérique pour les droits naturels de l’humanité, tout homme, quels que soient sa religion, ses opinions, ses principes, est sûr d’y trouver un asile. […]

    L’Amérique […] offre à l’industrie des espérances séduisantes ; le pauvre y trouve une subsistance facile : une propriété assurée, suffisante à ses besoins, peut y devenir le prix de son travail. […] Mais en même temps l’Amérique est séparée des peuples de l’Europe par une vaste étendue de mer. Il faut d’autres motifs pour engager à la traverser, qu’un simple désir d’augmenter son bien-être. L’opprimé seul peut avoir la volonté de franchir cet obstacle.

    Condorcet, De l’influence de la révolution d’Amérique sur l’Europe, 1786

    1- Le peuple américain.

  • Document 3: Condorcet et l’esclavage

    Épître dédicatoire aux nègres esclaves.

    Mes amis,

    Quoique que je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardé comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer avec vous, je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. si on allait chercher un homme dans les Îles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait.

    Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des nègres, 1781.

  • Document 4: Un partisan de l’instruction des femmes

    Il est nécessaire que les femmes partagent l’instruction donnée aux hommes.

    1˚ Pour qu’elles puissent surveiller celle de leurs enfants.L’instruction publique, pour être digne de ce nom, doit s’étendre à la généralité des citoyens, et il est impossible que les enfants en profitent, si, bornés aux leçons qu’ils reçoivent d’un maître commun, ils n’ont pas un instituteur domestique qui puisse veiller sur leurs études dans l’intervalle des leçons, les préparer à les recevoir, leur en faciliter l’intelligence, suppléer enfin à ce qu’un moment d’absence ou de distraction a pu leur faire perdre. Or, de qui les enfants des citoyens pauvres pourraient-ils recevoir ces secours, si ce n’est de leurs mères, qui, vouées aux soins de leur famille, ou livrées à des travaux sédentaires, semblent appelées à remplir ce devoir[…]? […]

    2˚ Parce que le défaut d’instruction des femmes introduirait dans les familles une inégalité contraire à leur bonheur. D’ailleurs, on ne pourrait l’établir pour les hommes seuls, sans introduire une inégalité marquée, non seulement entre le mari et la femme, mais entre le frère et la sœur, et même entre le fils et la mère. Or, rien ne serait plus contraire à la pureté et au bonheur des mœurs domestiques. L’égalité est partout, mais surtout dans les familles, le premier élément de la félicité, de la paix et des vertus. […]

    3˚ Parce que c’est un moyen de faire conserver aux hommes les connaissances qu’ils ont acquises dans leur jeunesse. J’ajouterai encore que les hommes qui auront profité de l’instruction publique en conserveront bien plus aisément les avantages, s’ils trouvent dans leurs femmes une instruction à peu près égale ;[…]

    4˚ Parce que les femmes ont le même droit que les hommes à l’instruction publique. Enfin, les femmes ont les mêmes droits que les hommes ; elles ont donc celui d’obtenir les mêmes facilités pour acquérir les lumières qui seules peuvent leur donner les moyens d’exercer réellement ces droits

    avec une même indépendance et dans une égale étendue. L’instruction doit être donnée en commun,

    et les femmes ne doivent pas être exclues de l’enseignement. […]

    Condorcet, Premier mémoire sur l’instruction publique, livre Vl, 1791

  • Document 5: Un mathématicien engagé.

    Dans de nombreux ouvrages (Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix de 1785 par exemple), Condorcet s’intéresse à la représentativité des systèmes de vote, tant dans le cadre politique que dans le cadre judiciaire : l’essai de 1785 ne concerne pas tant le vote politique que le délibéré d’un jury, puisqu’il insiste sur le caractère correct, c’est-à-dire vrai ou faux, de la décision finale — Condorcet tente de déterminer mathématiquement la manière la plus juste de prendre des décisions collectives.

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Activité:

Raconter quelques épisodes de la vie de Condorcet et expliquer en quoi ils sont révélateurs du siècle des Lumières